Auteur : Serge Boyer, professeur agrégé d'histoire-géographie ; activités : IUFM, auteur de manuels scolaires, d'articles dans la revue "Espace Prépas" ; participat° aux jurys de CAPES, ECRICOME, TBS et GEM ; en CPGE dep 2009. Auteur du manuel de 1ère année sorti en mai 2017 (Studyrama) et réédité en 2021 comme le Dictionnaire Illustré ainsi que de deux manuels de commentaires de cartes (épreuve Ecricome). Chargé de cours à la TSE et de TD à l'Université J.Jaurès.
ECS2 Lycée Ozenne –juin 2018CONSIGNES ESTIVALES EN HISTOIRE, GEOGRAPHIE ET
GEOPOLITIQUE :
PROGRAMME :géodynamiques
des 4 continents ; progression de l’année prochaine : Asie, Amérique,
Europe et Afrique-Moyen-Orient. A noter les 7 puissances au programme :
Etats-Unis, Brésil, Chine, Japon, Inde, France et Russie.
OUVRAGES A ACHETER:
O Manuel Studyrama sorti au 2ème trimestre 2017 dirigé par
Eric Keslassy. Base
clé pour chacun avec environ 100 pages/continent +méthode +sujets corrigés.
Cette synthèse récente est essentielle pour votre compréhension du cours. Par
contre, contrairement à cette année, le cours sera très différent et sera donc
complémentaire.
O Ouvrage collectif dirigé par Franck TETARD Grand Atlas 2018, Autrement,
2017 (prix 16E90). Intérêt cartographique évident pour la construction de
croquis tant mondiaux que régionaux. Voir image de la couverte jointe dans
le mail.
O Rappel : pour ceux qui ne l’ont pas fait encore, il est
fortement recommandé de se procurer un appareil pour faire le croquis.Achat
conseillé d’un normographe : le moins cher tout en étant complet est
le Maped Technic. 4 euros 49 à Bureau Vallee. Achat utile car cet appareil
permet un gain de temps et améliore la propreté
CONSEILS GENERAUX : UN ETE
EN TROIS PHASES
1ère phase : finir l’année fin
juin-début juillet :
1-Travail sur le cours : fichage
des derniers TR des chapitres 12 et 13 (nombreux) et reprise de la conclusion
générale (manuel pages 489-502). Attention, la conclusion générale est dense et
ne se résume pas en 5 mn !
2-Réorganisation du cours, rangement
des TR, travail éventuel de synthèse…
3-Analyse des fiches d’évaluation et
des points à améliorer pour les devoirs. Pour cela, revoir les fiches
d’évaluation, en particulier pour beaucoup d’entre vous, comparer vos
introductions à celles proposées dans les corrigés.
Cette phase est importante pour bien permettre une révision de qualité au
cours de la 2ème année où vous aurez des révisions ciblées pour les
colles et, évidemment, préparer le DS du 8 septembre.
2èmephase : une veille culturelle dans un
moment de repos = lectures/multimédia :
-Presse écrite :
coller à l’actualité
en lisant la presse de manière régulière ; le choix est large
(hebdomadaires = Courrier international ou quotidiens comme Le Monde (pages
géopolitiques le dimanche)… il ne s’agit pas de lire toute la presse, mais de
choisir un ou deux titres de manière très régulière ; notez que la
démarche de « Courrier international » avec un découpage par
continent est une bonne approche du programme de 2ème année. Je
recommande de vous abonner à une revue géopolitique (Carto ou Conflits) ou
générale (hebdo le « 1 » ou Courrier international)
-Radio :toujours à
privilégier, les émissions phares et courtes de France culture = « Enjeux
internationaux », « les carnets de l’économie » ou « Grand
reportage » sur RFI; pensez aux podcast (3 ans d’ « enjeux
internationaux » à écouter !). Une émission plus longue (de 40 mn)
sur RFI : Géopolitique le débat. A consulter sur mon 3ème blog.
-TV/cinéma :
point important pour
se forger une culture générale qui va aiguiser votre réflexion et votre
argumentation écrite. Emission phare : « Le Dessous des cartes »
d’Arte. Pensez aux soirées Thema d’Arte
(1 ou 2 documentaires suivi d’un débat). Développez votre culture
cinématographique (VO, films étrangers…).
-Livre : LECTURES
CONSEILLES D’UN OUVRAGE D’UN GEOPOLITICIEN. Quelques idées : Hubert
VEDRINE, « Le monde au défi », Dominique MOISI « le nouvel ordre
international » ou Pascal BONIFACE « Comprendre le monde »…
Attention ! Cette veille culturelle est importante : n’oubliez pas que les concours
débutent en avril 2019, soit dans 10 mois. Il est inenvisageable pour vous de
rien faire cet été : il ne s’agit évidemment pas de travailler intensément
et arriver moralement fatigué à la rentrée, mais de poursuivre la construction
de votre culture géo-historique et économique par des lectures régulières et
l’écoute intelligente de médias radio et audiovisuels ; vous devez en
particulier regarder les documentaires sélectionnés.
Conseil :
l’appli « Audials » est parfaite pour écouter la radio et télécharger
des émissions. Fonctionne aussi sur l’ordi.
3èmephase : un redémarrage mi-août =
réappropriation du programme de 1ère année :
O 1er DS dès le 8 septembre sur partie 3
du module II (Les défis du développement et les enjeux d’un monde durable)avec relecture de l’ensemble du module II (contexte
éco chap 9 -10 et géopol chap 11 ; type ESCP Europe = dissertation avec
croquis.
O PREPARATION DU PREMIER DS ET DES PREMIERES COLLES :
1-au niveau méthodologique : se réapproprier le travail fait fin
juin et reprendre les fondements méthodologiques. Ce point est important pour
certains d’entre vous dont les consignes sont encore mal appliquées. En 2ème
année, le temps consacrée aux corrections sera plus réduit. Cette mise au point
me semble ainsi importante.
2- au niveau cognitif : relecture du programme
de 1ère année qui sera toujours compris dans les révisions des colles et nécessaires à
tous les sujets des concours. Attention, le volume de révision des colles sera
plus important dans les premières semaines… Cela doit être accompagné de la lecture des ouvrages demandés, en
particulier de l’atlas ainsi que la relecture
des TR. Voir aussi les DD couleurs de fin d’année pour le croquis.
3-au niveau des croquis : il est nécessaire de vous réapproprier les lieux importants sur un
planisphère : grandes puissances, villes mondiales anciennes et
émergentes, principaux ports, aéroports, bourses, sièges des organisations
internationales, principales organisations régionales, lieux de
l’altermondialisme, principales mers, océans, flux e transport… Appuyez-vous
sur les DD et CG de fin d’année en couleurs (liste sur le blog).
LE MOT DE LA FIN
Votre niveau global m’amène à insister sur
les ajustements à faire cet été et l’attitude qui doit vous amener à une plus
grande prise en mains de votre destin. Ainsi, « la rentrée ne
doit pas en être une », vous a dit il y a quelques jours Benjamin Musial.
Pour information, il y a une étudiante de deuxième année qui n’ a aucune école !
Je ne pas cela pour faire peur ou autre chose, mais simplement affirmer que
vous devez prendre conscience des enjeux et, précisément pour chacun, analyser
vos point faibles pour les corriger. Pour certains, c’est l’orthographe, pour
d’autres, l’irrégularité dans la travail ou le manque d’organisation. Tout cela
doit absolument être mis à jour. Nous
sommes le 22 juin 2018, soit à moins de 10 mois des écrits qui vont débuter
vers le 15 avril 2019. C’est donc demain ! Toutes les scories de 1ère année devront être corrigées de
manière drastique : bavardages, manque de participation. De mon côté,
je serai plus rigoureux et, par exemple, n’accepterai pas de retard au
devoir-maison. Sachez que je serai toujours un soutien pour vous aider à vous
améliorer et disponible pour répondre à des questions de cours, de sujet… par
mail, en colles ou en cours. En fonction de l’emploi du temps, je suis aussi
présent le matin vers 7h45, à 13h au labo d’hgg et à 16h au début des colles.
Ces 3 créneaux sont pour vous. Enfin, je
souhaite finir en rappelant que tout ce travail est global et doit être
équilibré. Global, car une bonne copie d’hgg comporte des références de
sociologues ou de philosophes et, équilibré, car j’entends trop souvent que
certains étudiants négligent trop les langues ou la culture générale.
Rappel : les écoles les plus faibles affectent des coefficients élevés aux
langues. J’ai observé hier au Conseil de classe que certains sont faibles en
maths et en langues. N’oubliez pas que les oraux d’admissions aux écoles
comportent des entretiens et des oruax de langues. Vous avez donc tous intérêt à travailler toutes les disciplines.
Pour + de précis°, voir le blog. de 2ème année = Ozennegeopolitique2.blogspot.com +blog d’émissions =monbloghistgeo.blogspot.com. Voir aussi diaporama vu
partiellement en cours et envoyé avec le mail.
Pour toute question ou
problème : n’hésitez pas à m’écrire :
La population de Mianyang, dans la province chinoise du Sichuan, fête le premier jour du nouvel an lunaire, le 16 février 2018, par des danses du dragon. (Crédits : Reuters)Étrange Chine... Les douanes chinoises, après avoir annoncé que les exportations de la Chine vers les États-Unis avaient progressé au premier trimestre de 14,1% par rapport au premier trimestre 2017, ont également signalé un retournement surprise de la balance commerciale dû au plongeon imprévu de leurs exportations. La publication de ces statistiques survient en plein feuilleton des tensions commerciales entre Washington et Pékin, qui alimentent les craintes d’une guerre commerciale à l’échelle de la planète.
La Chine a enregistré en mars un déficit commercial exceptionnel et inattendu de 5 milliards de dollars. D'un côté, les exportations, contre toute attente, s'affichent en repli, de l'autre, ses importations ont accéléré. Les douanes chinoises ont ainsi annoncé vendredi que les importations avaient ainsi dépassé en mars de précisément 4,98 milliards de dollars les exportations du pays. C'est la première fois depuis février 2017 que le géant asiatique connaît un déficit de son commerce extérieur, une situation qui était alors inédite depuis trois ans.
Ce déficit de près de 5 milliards est aussi une surprise de taille pour les analystes sondés par Bloomberg qui tablaient, eux, sur un surplus de 27,5 milliards en mars,après un excédent commercial de 20,5 milliards de dollars en janvier puis de 33,7 milliards en février...
Exportations à -2,7% sur un an (les experts prévoyaient +11,8%)
Ce retournement de la balance commerciale de la deuxième économie mondiale s'explique donc d'abord par le plongeon imprévu de ses exportations, qui ont reculé de 2,7% sur un an en mars selon les douanes, à rebours des anticipations des experts (+11,8%). En total contraste avec l'envolée spectaculaire de quelque 44% du mois précédent, nourrie par la forte demande des partenaires commerciaux de la Chine, Union européenne et Etats-Unis en tête.
"Le plus gros de ce repli de mars est dû à des facteurs saisonniers: les longs congés du Nouvel an lunaire (mi-février) sont tombés plus tard qu'en 2017, ce qui signifie que les perturbations (sur la production des exportateurs) se sont prolongées jusqu'en mars", avance Julian Evans-Pritchard, analyste du cabinet Capital Economics.
L'excédent commercial avec les États-Unis en hausse de 20%
Dans le même temps, les importations du géant asiatique bondissaient de 14,4% (contre +6,3% en février), à l'heure où l'assouplissement des restrictions antipollution à la fin de l'hiver encourage une accélération de l'activité industrielle dans le pays.
L'excédent commercial de la Chine avec les Etats-Unis, objet de vives frictions entre Pékin et Washington et au coeur de menaces de guerre douanières entre les deux puissances, s'est établi à 15,4 milliards de dollars en mars, ont précisé les douanes. C'est un fort reflux par rapport à l'excédent de 21 milliards de dollars en février, et moins que les 17,7 milliards de dollars de mars 2017. Ce qui pourrait témoigner d'un ralentissement. Il n'empêche, selon le porte-parole des Douanes chinoises, Huang Songping, l'excédent commercial du géant asiatique avec les Etats-Unis a tout de même bondi de 19,4% sur un an sur l'ensemble du premier trimestre.
Trump veut réduire le déficit abyssal avec la Chine (375,2 milliards...)
Violemment fustigé par le président américain Donald Trump, qui l'impute aux pratiques commerciales jugées "déloyales" de Pékin, cet excédent avait déjà gonflé de 35% sur un an sur les mois de janvier et février cumulés.
Le déséquilibre entre les deux puissances semble donc s'aggraver à un rythme accéléré: sur l'ensemble de 2017, cet excédent chinois en défaveur des Etats-Unis n'avait grimpé que de 10%, pour atteindre le niveau record de 275,8 milliards de dollars selon les douanes chinoises (375,2 milliards selon Washington).
"Nous n'avons jamais délibérément recherché l'excédent commercial, la situation actuelle ne fait que refléter l'état du marché, la division des structures économiques et de la compétitivité industrielle de part et d'autre", a commenté Huang Songping, porte-parole des douanes, lors d'une conférence de presse.
Avant d'appeler Washington à "écouter la voix de la raison et du pragmatisme", de "traiter les frictions commerciales d'une façon plus rationnelle" et de "respecter sa promesse de rejeter le protectionnisme commercial".
Les menaces de Trump pas concrétisées dans les statistiques chinoises
Sur les trois premiers mois de l'année cumulés, les exportations du géant asiatique vers les Etats-Unis --deuxième partenaire commercial du pays après l'Union européenne-- ont bondi de 14,8%, à près de 100 milliards de dollars.
En sens inverse, les importations chinoises de produits américains ne progressaient que de 8,9% à 41,6 milliards de dollars, a souligné M. Huang, précisant que l'impact d'un éventuel relèvement des droits de douane américains, dont Washington agite la menace, ne s'était pas "concrétisé" dans les statistiques.
Donald Trump, qui a fait du déséquilibre des échanges sino-américain un cheval de bataille, a exigé des responsables chinois qu'ils réduisent de "100 milliards de dollars" le déficit commercial des Etats-Unis envers le géant asiatique.
Washington accuse notamment le régime communiste de "concurrence déloyale", via des subventions étatiques abusives, des restrictions d'accès à son marché et de vol de propriété intellectuelle.
Signes de détente entre la Chine et les Etats-Unis
La montée des tensions, exacerbées par des taxes imposées par les Etats-Unis sur leurs importations d'acier et d'aluminium, ont mené la semaine dernière à une quasi-déclaration de guerre commerciale, avec la menace par Washington d'imposer des droits de douane sur 150 milliards de dollars d'importations chinoises.
Amenant Pékin à agiter le spectre de représailles proportionnées, visant notamment les cruciales ventes de soja américain.
Des signes de détente sont cependant apparus en début de semaine, le président chinois Xi Jinping prononçant mardi un discours au ton très conciliant promettant une "Chine toujours plus ouverte", discours salué par Donald Trump.
Professeure de chaire supérieure au lycée Faidherbe (Lille) où elle enseigne la géopolitique en classes préparatoires économiques et commerciales. Membre du laboratoire HABITER (EA 2076) de l’Université Reims Champagne-Ardenne. Auteure de « Réussite aux concours 2018 ! La synthèse de l’actualité internationale 2017 », éd. Diploweb via Amazon, 2018. Elle est aussi co-auteure chez Ellipses de "Les 50 cartes à connaître", Coll. Atout concours, Paris, 2016.
Voici une synthèse de l’actualité internationale de mars 2018 qui sera fort utile à tous ceux qui veulent disposer d’un point de l’actualité géopolitique, voire préparent un concours. Pour ne rien manquer, et recevoir nos alertes sur des documents importants, le plus simple est de s’abonner gratuitement à notre Lettre d’information hebdomadaire ou au compte twitter de veille géopolitique @diploweb (11 000 followers)
Sort des urnes
En Russie, Vladimir Poutine a été réélu en mars 2018 à la tête de son pays avec plus de trois-quarts des voix et un taux de participation des deux-tiers du corps électoral.
En Italie, les élections de mars 2018 aboutissent à une majorité presque introuvable car les votes sont dispersés. Les votes eurosceptiques n’ont jamais été aussi importants dans un pays fondateur de la Communauté économique européenne (CEE, 1957) qui a pourtant longtemps été attaché à l’Europe communautaire. Le mouvement 5 étoiles a remporté près d’un tiers des suffrages exprimés devant le parti démocrate et la Ligue (du Nord) avec un peu moins d’un cinquième des votes et Forza Italia à un peu moins de 15%. La victoire des mouvements populistes est inédite dans l’Italie post-1945. Elle traduit le désarroi de la population italienne, pour des raisons d’abord endogènes, mais aussi car elle est astreinte à la potion amère post-crise des dettes souveraines, population italienne qui s’est sentie bien seule face à la crise migratoire à laquelle l’Europe communautaire doit faire face depuis quelques années.
Le président péruvien, Pedro Kuczynski, démissionne en plein scandale de corruption dans le sillage du scandale Odebrecht qui ébranle l’Amérique latine à partir de l’épicentre brésilien. Il a été élu il y a moins de deux ans mais a dû gouverner sans majorité parlementaire. Selon la constitution, le vice-président Martin Vizcarra doit le remplacer d’ici la tenue de nouvelles élections présidentielles.
En Colombie, des élections législatives se sont tenues en mars 2018, les premières après la signature d’accords de paix avec les Farcs (guérilla communiste qui a ensanglanté le pays depuis les années 1960). Les Farcs se sont prêtées pour la première fois au jeu démocratique, mais ont obtenues moins de 1% des suffrages exprimés tant pour l’Assemblée nationale que pour le Sénat. Les élections ont été remportées par le parti d’Alvaro Uribe, ancien président colombien. La droite est majoritaire face à une gauche divisée.
En Allemagne, Angela Merkel a finalement réussi en mars 2018 - à grande peine - à constituer un gouvernement avec le SPD qui récupère les ministères de la santé et de l’économie. Cela met fin à un tunnel engagé par les résultats des élections de septembre 2017.
En Égypte, le maréchal Al-Sissi a été réélu fin mars 2018, sans réel suspense, car ses principaux opposants ne se sont pas présentés face à lui. Les défis de l’Égypte n’en restent pas moins immenses. A Sissi doit combattre le terrorisme qui reste profondément enraciné dans le Sinaï, mais aussi donner un avenir à une jeunesse très nombreuse.
Au Burkina Faso, un attentat dans le périmètre immédiat du quartier général de l’armée burkinabé et de l’ambassade de France a fait une trentaine de victimes en mars 2018.
En France dans la région de Carcassonne, un autre attentat revendiqué par l’EI a coûté la vie fin mars 2018 à quatre personnes dont un lieutenant-colonel de la gendarmerie, Arnaud Beltrame. L’émotion est énorme dans tout le pays car le militaire a choisi d’exposer sa vie pour épargner celle d’un otage.
Une dizaine de manifestants a trouvé la mort dans la bande de Gaza au niveau de la clôture avec Israël. Ils dénonçaient les conditions de vie dans cette enclave. Une fois de plus le Hamas, au pouvoir à Gaza, se sert des civils, et Israël n’hésite pas à faire usage de la force.
Au Proche-Orient la situation se complique
En Syrie la ville d’Afrin a été reprise aux Kurdes de l’YPG par les forces turques et les forces « rebelles » majoritairement composées par des islamistes, après près de deux mois de combat. Plusieurs centaines de milliers de civils ont préféré s’enfuir. Le président turc R. Erdogan annonce qu’il ne s’arrêtera pas là et qu’il compte conquérir la bande de territoire syrien de l’autre côté de sa frontière jusqu’aux rives de l’Euphrate, ainsi que Kobané qui a symbolisé la résistance kurde face à l’État islamique. Ainsi, une armée membre de l’OTAN – la Turquie - mène une guerre d’agression sur le sol de son voisin – la Syrie - et y combat des forces kurdes qui sont armées par l’allié américain… Ce qui ne va pas sans poser de questions. Que faire pour les Kurdes qui ont été à la pointe du combat contre l’EI et qui aujourd’hui sont oubliés de leurs alliés occidentaux ? Le président turc annonce vouloir remplacer la population kurde, à la frontière syrienne, par l’implantation d’une population sunnite. Une politique de purification ethnique mise en œuvre par un pays de l’OTAN ?
Toujours en mars 2018, le pouvoir syrien continue son offensive contre la Ghoutta, pas très loin de Damas, tenue par les rebelles. Les civils sont bien évidemment les principales victimes de ce conflit.
L’administration Trump affiche un turn over important
Hope Hicks, la cinquième directrice de la communication de l’actuelle administration républicaine, annonce sa démission en mars 2018. Celle-ci est très probablement à comprendre dans le contexte de l’enquête, menée par la Chambre des représentants, qui vise le président et son équipe de campagne électorale. Cette démission fait suite à toute une série de départs depuis janvier 2017. Rex Tillerson, à la tète de la diplomatie, a appris son éviction par un tweet, le conseiller économique Cary Cohn a préféré démissionner pour désaccord au sujet de la politique commerciale que veut mener l’exécutif, le conseiller stratégique de Donald Trump a été limogé, le conseiller à la sécurité nationale Mickael Flynn a dû quitter sa fonction car visiblement trop proche de Moscou... La liste est longue, mais l’actuelle équipe qui entoure le président américain est surtout composée de « faucons ». Rex Tillerson est remplacé par le très conservateur Mike Pompeo, élu du Kansas et ancien directeur de la CIA.
Mike Pompeo, Secrétaire d’État américain (Mars 2018 - )
Auparavant Directeur de la CIA, Mike Pompeo devient Secrétaire d’Etat des Etats-Unis en mars 2018, en remplacement de Rex Tillerson. Source photo : Wikipedia
Les États-Unis veulent revenir à davantage de protectionnisme, ce qui correspond aux promesses électorales du candidat D. Trump pour préserver l’industrie manufacturière et ses emplois... mais aussi pour faire face à un déficit commercial grandissant car il se monte à 566 milliards de dollars pour 2017. Il prévoit d’augmenter les taxes douanières sur l’acier et l’aluminium qui sont d’abord importés depuis le Canada, le Mexique mais aussi de Chine ou d’Europe. Ce n’est pas la première fois que Washington décide d’augmenter des tarifs douaniers sur des produits importés, certains se souviennent des « malentendus transatlantiques » c’est-à-dire des guerres commerciales entre États-Unis et Europe communautaire. L’administration G. W. Bush en 2002 a aussi relevé de façon significative les tarifs douaniers sur plusieurs produits importés, dont l’acier.
Les mesures protectionnistes visent en particulier la Chine avec laquelle Washington enregistre l’essentiel de son déficit commercial et dont les Américains craignent désormais les investissements. Ainsi, les États-Unis bloquent la prise de possession de la bourse de Chicago par Chongqing Casin Enterprise. La Commission des investissements étrangers aux États-Unis (CFIUS) conseille, pour éviter que des technologies américaines ne tombent dans l’escarcelle chinoise, de s’opposer au rachat de Lattice Semiconductor Corp par Canyon Bridge Capital Partners, faux-nez d’intérêts chinois. Cette même crainte anime aujourd’hui Bruxelles.
La Chine étonne le monde
La Chine qui dispose déjà d’un porte-avions acheté à Kiev – rebaptisé le Liaoning - construit un nouveau porte-avions... mais cette fois-ci avec une technologie chinoise. Dans quelques années, la Chine disposera ainsi d’une marine de haute mer, comme seuls les États-Unis, la Russie, la France et le Royaume Uni en possèdent à l’heure actuelle. Cela renforce les craintes des voisins de la Chine, Taïwan en mer de Chine orientale ou le Vietnam en mer de Chine méridionale. Encore lui faudra-t-il quelques années pour apprendre à manœuvrer un groupe naval d’envergure.
Le dirigeant Xi Jinping est bien un « nouvel empereur rouge ». Après le dernier congrès du PCC, la pensée de Xi Jinping a été inscrite dans les statuts du parti, il devient ainsi quasiment l’égal de Mao. Il fait clairement parti des dirigeants les plus marquants de la Chine contemporaine avec Mao et Deng Xiaoping. En mars 2018, la limite à deux mandats présidentiels a été levée grâce à une révision constitutionnelle, Xi Jinping pourra rester au pouvoir au-delà 2023. La révision constitutionnelle porte également sur l’inscription dans la Constitution du « rôle dirigeant » du PCC (toute contestation du PCC sera donc un acte anticonstitutionnel...) et de la pensée de Xi Jinping. Si ces réformes sont présentées comme émanant « du bas », les nombreuses contestations populaires démontrent le contraire. Il sera encore plus difficile de s’opposer au président qui a déjà renforcé son emprise sur le parti, par l’intermédiaire de purges dans le cadre d’une vaste politique de lutte contre la corruption, mais aussi sur la société qui doit témoigner de sa « loyauté »... Désormais, les fonctionnaires devront montrer une loyauté pleine et entière au PCC et à Xi Jinping.
Celui-ci a mis fin à la session annuelle du Parlement chinois en affirmant que Taïwan ne pouvait se séparer de la Chine populaire. Le président rêve de la faire rentrer dans le giron de la mère patrie, ce que Mao a échoué à réaliser.
Du nouveau à l’Est...
Alors que Washington a décidé unilatéralement de mettre fin aux accords transpacifiques signés sous l’administration B. Obama, ceux-ci renaissent à l‘initiative de Tokyo, mais cette fois sans les Etats-Unis. Ces nouveaux accords transpacifiques unissent onze pays dans un accord de libre-échange qui relève d’un vrai endiguement commercial de la Chine. Tokyo a eu soin de laisser à Washington la possibilité de revenir à terme dans l’accord.
Pyongyang continue la désescalade des tensions entamées lors des Jeux olympiques organisés par la Corée du Sud en février 2018. La Corée du Nord a accueilli un représentant sud-coréen et prévoit une nouvelle entrevue en avril prochain, le même mois que celle prévue avec Washington. Après avoir joué les pyromanes avec un chantage aux essais nucléaires, Pyongyang se pose toujours en « maitre des horloges » pour des négociations et réussi peut-être un coup de maitre en s’imposant sur la scène internationale des relations diplomatiques et en se posant en tant qu’interlocuteur internationalement reconnu. Une première. Reste à connaître les suites.
... et au Sud
Le Rwanda a été en mars 2018 le siège d’une réunion des pays africains de l’Unité africaine (UA) qui se sont mis d’accord pour mettre en œuvre une zone de libre-échange. Cette Zone de libre-échange continentale (ZLEC) réunit une quarantaine de pays, mais pas le Nigéria, première économie du continent africain, ce qui limite la portée de cet accord.
Des situations politiques délicates...
Le récent attentat relance en France le questionnement sur l’État d’urgence. Le Sri Lanka a décrété l’État d’urgence pour 10 jours dans un climat très tendu dont pâti la communauté musulmane de l’ile qui représente environ 10 % de la population totale. En Éthiopie l’État d’urgence a été instauré en février 2018, il suscite désormais une vague de protestation de la population ainsi que des grèves. Si ce pays affiche une bonne santé économique avec une croissance à deux chiffres il ne parvient toujours pas à trouver une martingale politique comme en témoigne la récente démission du premier ministre. Les querelles ethniques affleurent : les Oromo (musulmans) et les Amhara (chrétiens) veulent chacun la désignation de leur champion alors que tous deux s’inquiètent de l‘importance de l’ethnie minoritaire des Tigréens dans le secteur de la sécurité.
Au Royaume Uni, un ancien agent russe Sergueï Skripal, qui travaillait aussi pour Londres, a été victime, ainsi que sa fille, d’un empoisonnement au neurotoxique. Londres y voit la main de Moscou, le précédent de l’empoisonnement au polonium de l’ancien-agent russe Alexandre Litvinenko n’y est pas étranger... Moscou dément toute implication, mais le Royaume Uni met en place des sanctions diplomatiques et trouve le soutien de ses partenaires européens. Théresa May décide d’expulser 23 diplomates russes, Washington en expulse 60. Moscou décide d’expulser, en retour, près de 60 diplomates occidentaux, américains, français, belges, allemands... Cet événement permet une nouvelle cartographie des solidarités autour du Royaume-Uni et plus largement des pays dits « occidentaux ».
La Slovaquie traverse en mars 2018 une crise politique depuis l’assassinat d’un journaliste qui enquêtait sur des malversations concernant des hommes politiques et des hommes d’affaires de premier plan. Le premier ministre, Robert Fico, démissionne. Peter Pellegrini est appelé à former un nouveau gouvernement.
L’Outre-mer français connait en mars 2018 une nouvelle crise après celle qui a affectée la Guyane en 2017. Mayotte, dans l’océan Indien, ne parvient plus à faire face à l’arrivée d’immigrants clandestins principalement en provenance des Comores. L’état d’insécurité est tel que les citoyens craignent de sortir de chez eux le soir, ou de prendre la mer. Les services sociaux sont totalement débordés, notamment les services de santé et deviennent parfois inaccessibles aux autochtones. Ceux-ci se sentent abandonnés par la République. En effet, de nombreuses femmes enceintes cherchent à venir accoucher à Mayotte pour que leur enfant naisse dans de bonnes conditions et bénéficie du droit du sol, donc à terme de la nationalité française. La colère gronde chez les Mahorais, la ministre de l’Outre-mer a fait un déplacement, qui n’a pas convaincu.
Scandale numérique
L’entreprise de Mark Zuckergerg, Facebook, aurait transmis les données de quelques cinquante millions d’utilisateurs au britannique Cambridge Analytica, assez proche du nouveau locataire de la Maison blanche. Cette affaire pose clairement les enjeux du numérique. En tout premier lieu la question de la confiance que l’on peut accorder aux GAFAM (Google Amazon Facebook, Apple et Microsoft) qui pourtant ont accès à une part importante de notre vie privée. Bruxelles réfléchit justement à la protection des données privées des ressortissants européens qui y attachent une importance particulière, peut-être plus développée qu’Outre-Atlantique. De manière plus générale, c’est la question du Big Data qui est mise ainsi sous la lumière des projecteurs. Qui est propriétaire des données personnelles ? Qui peut y avoir accès. Une légitime vague de défiance déferle désormais parmi les utilisateurs de Facebook, un appel au boycott a été lancé, sa capitalisation boursière s’effondre... Le moteur de recherche français, Qwant, qui s’engage à respecter les données personnelles voit son nombre d’utilisateurs progresser chaque jour depuis ce scandale.
Départs
Stephen Hawking était l’un des astrophysiciens les plus connus au monde. Ce Britannique, affecté par une terrible maladie neurodégénérative – la maladie de Charcot - est l’un des plus grands scientifiques de notre période. Il a mené des recherches sur les trous noirs (il découvre qu’ils s’évaporent) et s’est attaché à en vulgariser le fruit avec son livre Une brève histoire du temps publié en 1988. C’est un grand esprit qui s’éteint en mars 2018.
Pierre Milza vient aussi de disparaître en mars 2018. Il a été l’un des grands historiens français du XXème siècle. Il a publié avec Serge Bernstein une somme (Histoire du XXème siècle) qui reste une référence régulièrement actualisée très précieuse pour les étudiants. Ses travaux ont aussi porté sur l’analyse du fascisme, en particulier italien lui qui est un enfant né en France d’un père immigré. C’est une grande figure de l’histoire française qui s’en est allé.
Bonnes nouvelles
En commandant des hélicoptères NH90 pour près de trois milliards de dollars, le Qatardonne une bouffée d’oxygène à Airbus industrie.
A Saint-Nazaire, les chantiers STX viennent de livrer le plus gros paquebot du monde, le Symphonie of the Seas, à la compagnie Royal Caribean Cruise Ltd. Il représente trois années et 10 millions d’heures de travail. Le carnet de commande de l’entreprise est bien fourni, preuve de l’excellence française dans ce domaine de la construction maritime. STX propose des projets innovants : des paquebots à voiles : le Silenseas !
La ministre des Armées, Florence Parly dévoile en mars 2018 la création d’une Agence de l’innovation de la Défense (avec un budget d’environ 100 millions d’euros) qui va développer l’intelligence artificielle.
Le rapport du mathématicien français, détenteur de la médaille Fields, Cédric Villani, sur l’intelligence artificielle plaide pour un effort substantiel pour combler notre retard dans ce secteur stratégique pour l’avenir. Le président Emmanuel Macron a promis un plan d’1,5 milliard d’euros pour l’intelligence artificielle et annonce que Samsung installera à Saclay un de ses plus importants centres de recherche en intelligence artificielle.
Pour la première fois depuis longtemps le déficit public français est passé, en 2017, sous la barre des 3% du PIB.
Avec tous les vœux du Diploweb.com pour les candidats qui se présentent d’ici peu aux écrits des concours ! Nous serons à vos côtés jusqu’à votre réussite aux oraux !
Mars 2018-Degans/Diploweb.com
Plus pour réussir
Extraits du catalogue des livres géopolitiques publiés par Diploweb pour la réussite aux concours.
Le président Rodrigo Duterte à Davao, aux Philippines, le 1er mars 2018. PHOTO ROBINSON NIÑAL / AFP
Le président philippin Rodrigo Duterte a annoncé le 14 mars le retrait de son pays du traité fondateur de la Cour pénale internationale. Une décision qui n’aura pas d’effet sur l’examen préliminaire engagé par la juridiction à son égard au sujet de la guerre contre la d
Le président Rodrigo Duterte a annoncé mercredi le retrait des Philippines du Statut de Rome, traité instituant la Cour pénale internationale. Une décision, note The Manila Times, qui fait suite à l’annonce en février d’un examen préliminaire diligenté par la CPI au sujet de la guerre contre la drogue menée dans le pays depuis la prise de fonction du chef d’État. Cette procédure qui précède une enquête a été lancée après une plainte déposée par un avocat des droits de l’homme et deux parlementaires de l’opposition.
Duterte a estimé que l’instance internationale “était utilisée comme un outil politique”. Il a assuré “être la cible d’attaques infondées, sans précédent et outrancières, [menées] contre lui et son administration”. Et le quotidien remarque que le président philippin a enfoncé le clou :
[Il dit que] les actes qui lui sont attribués ne sont pas des crimes de guerre ni de génocide. Il a répété que les morts liées à la guerre contre la drogue étaient le résultat d’opérations légitimes de la police.”
Acte de légitime défense
À ses yeux, les officiers de police ne font que riposter pour se protéger face aux réactions violentes des suspects. “Des circonstances qui sont jugées légitimes dans notre Code pénal et ne peuvent donc entraîner des poursuites”, a-t-il ajouté.
La police estime avoir tué 4 000 personnes en lien avec des affaires de drogue. Mais, pour les organisations de défense des droits de l’homme, le bilan est trois fois plus élevé, rappelle The Manila Times.
Pourtant, Rodrigo Duterte “ne pourra pas échapper” à l’enquête de la CPI, même après l’annonce de ce retrait du Statut de Rome, estime dans le Philippine Daily InquirerAntonio Tinio, un membre de la Chambre des représentants. Selon l’article 127 du traité, cité par le parlementaire, un retrait “ne rentre en vigueur qu’un an après l’annonce de la décision”.
“En clair, précise Tinio, du fait qu’elle a déjà entamé une procédure concernant la guerre contre la drogue du président Duterte, la CPI a toute autorité pour continuer à instruire ce dossier et le gouvernement philippin a l’obligation de coopérer dans l’enquête, en dépit de la notification de son retrait du Statut de Rome.”
“Que cela lui plaise ou non, [Duterte] sera poursuivi”, lance le parlementaire au journal