vendredi 2 octobre 2020

REPERES CLES SUR LA MONDIALISATION

 Vous avez ci-dessous 3 types d'informations utiles pour un croquis sur la mondialisation et qui forment les repères à apprendre pour la quinzaine n°3 de colles :

1 TRAME DE FOND : 

TYPOLOGIE MONDIALE SELON LE GEOGRAPHE LAURENT CARROUE (source : Mon Atlas page 147)



2  LIEUX CLES :

CLASSEMENT DES VILLES MONDIALES (liste voir Dictionnaire Studyrama pages 324-325 et localisation Mon Atlas page 119)

Liste

La puissance des  agglomérations  selon le Global Power City Index   Sources : http://www.mori-m-foundation.or.jp/

Type

Nom

Etat

Rang

Population en millons d’hab en 2014

Population selon la base de données Géopolis

En millions d’hab

Ville mondiale

majeure

Londres

Royaume-Uni

1

10.2

10.2

New-York

Etats-Unis

2

18.6

27.8

Tokyo

Japon

3

37.9

40.1

Paris

France

4

10.8

10.5

 

Singapour

Singapour

5

5.5

Non classé parmi 32 1ères

 

Séoul

Corée du Sud

6

9.8

19.7

Autre ville mondiale

Amsterdam

Pays-Bas

7

1.1

nc

Berlin

Allemagne

8

3.5

nc

Hong-Kong

R.P.C

9

7.3

Conurbation Canton 48

Sydney

Australie

10

4.5

Nc

Los Angeles

Etats-Unis

11

Nc env 10-15 M

15.3

Francfort

Allemagne

12

0.7

Nc

Beijing

R.P.C

13

19.5

16.4

Vienne

Autriche

14

1.7

Nc

Shanghaï

R.P.C

15

23

79.7

Stockholm

Suède

16

1.5

Nc

San Francisco

Etats-Unis

17

3.3

Nc

Zürich

Suisse

18

1.2

Nc

Toronto

Canada

19

5.9

Nc

Copenhague

Danemark

20

1.3

Nc

Bruxelles

Belgique

21

2.0

Nc

Chicago

Etats-Unis

22

8.7

Nc

Dubaï

E.A.U.

23

2.3

Nc

Barcelone

Espagne

24

5.2

Nc

Boston

Etats-Unis

25

4.3

Nc

Osaka

Japon

26

20.1

Nc

Madrid

Espagne

27

6.1

Nc

Vancouver

Canada

28

2.4

Nc

Washington

Etats-Unis

29

4.9

Nc

Istanbul

Turquie

30

14.0

13.5

Kuala Lumpur

Malaisie

31

6.6

Nc

Milan

Italie

32

3.1

Nc

Bangkok

Thaïlande

33

9.1

18

Genève

Suisse

34

0.6

Nc

Moscou

Russie

35

12.1

14

Taipei

Taïwan

36

6.8

Nc

Fukuoka

Japon

37

5.5

Nc

Mexico

Mexique

38

20.8

18

Sao Paulo

Brésil

39

20.8

18.7

Buenos Aires

Argentine

40

15

13.5

Jakarta

Indonésie

41

10.2

29.9

Mumbaï

Inde

42

20.7

16.7

Le Caire

Egypte

43

18.4

15.7

Johannesburg

Afr du Sud

44

9.2

Nc

 Localisation


1.       FLUX MARITIMES MONDIAUX (source : Mon Atlas page 165)

SOURCES : 







samedi 5 septembre 2020

 Crise sanitaire et démondialisation. Un article d'Eddy FOUGIER, tiré du rapport Ramsés 2021 (IFRI) qui vient juste de sortir.






SOURCE : 



vendredi 24 juillet 2020

CONSIGNES ESTIVALES ECS2 2020 2021


ECS2 Lycée Ozenne –juin 2020       CONSIGNES ESTIVALES EN HISTOIRE, GEOGRAPHIE ET GEOPOLITIQUE :

« La rentrée ne doit pas en être une », 
Benjamin Musial (préparationnaires d’Ozenne 2016-18).

*       PROGRAMME : géodynamiques des 4 continents ; progression de l’année prochaine : Asie, Amérique, Afrique-Moyen-Orient et Europe et. A noter les 7 puissances au programme : Etats-Unis, Brésil, Chine, Japon, Inde, France et Russie.

*      OUVRAGES A ACHETER OU ABONNEMENTS (pour les khûbes extérieurs ou si non achetés en 1ère année):
O Dictionnaire géopolitique publié par Studyrama sorti en février 2019. Base clé pour aborder les notions clés du programme, mais aussi commencer l’étude des 4 continents. Vous connaissez l’auteur….
O Hugo Billard, Mon Atlas de prépa, Autrement, 2017. Intérêt cartographique évident pour la construction de croquis tant mondiaux que régionaux, mais aussi auteurs clés (cadre sur la page de gauche).
O abonnement conseillé à une revue dès fin juin-début juillet : le choix estpossible entre 4 revues
1 COURRIER INTERNATIONA : hebdomadaire non spécialisé en géopolitique, mais présente une vision mondiale de l’actualité (6.9 euros/mois en version numérique ou 9.9 euros/mois en versions numérique et papier hors promo)
2 CARTO : bimestrielle, magnifique revue qui permet autant de suivre l’actualité avec un dossier thématique (exemple n°54 de juillet 2019 sur l’avenir des animaux qui peut être très utile pour la culture G) ; le dernier numéro (59) porte sur l’Egypte ; prix 45 euros pour 6 numéros
3 DIPLOMATIE : revue plus longue à lire qui alterne entre la revue classique toues les deux mois et un Grand dossier aussi tous les mois ; exemple mars Diplomatie n°103 avec un dossier sur l’OTAn et mai GD n°54 sur la géopolitique du Japon. La revue est plus chère que Carto (75 euros/an), mais évidemment avec 2 fois plus de numéros.
4 CONFLITS : depuis le départ de Pascal Gauchon, le revues est plus inégale. Le dernier numéro (27) porte sur le projet Indo-Pacifique. Prix 50 euros pour les versions numérique et papier.
IDEE : entre deux ou trois, qui travaillez ensemble, vous pouvez très bien croiser deux abonnements.
Faut-il acheter un manuel de 2ème année ? Si je conseille fortement de garder le manuel Studyrama de 1ère année. Autant pour la partie cours que la méthodologie et les annales, vous n’êtes pas obligés de vous procurer un manuel de Studyrama et ce, pour plusieurs raisons :
-le travail hebdomadaire de révision des cours, de fichage des TR, de travail de mémorisation… sont chronophages et impliquent une sous-utilisation d’un manuel
-les manuels ne permettent pas beaucoup d’entrée dans la pensée d’auteurs (ce qu’un TR permet par  ex)
-l’Atlas et le dictionnaire doivent rester des outils utilisés fréquemment
-il est largement préférable de s’abonner à une revue (voir plus haut)
O Rappel : pour ceux qui ne l’ont pas fait encore, il est fortement recommandé de se procurer un appareil pour faire le croquis. Achat conseillé d’un normographe : le moins cher tout en étant complet est le Maped Technic. 4 euros 49 à Bureau Vallee. Achat utile car cet appareil permet un gain de temps et améliore la propreté. Libre à vous de vous procurer un manuel, mais la lecture de revues ou d’ouvrages avec des thèmes et auteurs variés est préférable.


*      CONSEILS GENERAUX : TROIS ACTIVITES DIFFERENTES
1. Travail sur le chapitre 13 (altermondialisme) et la conclusion (chapitre 14) :
Comme depuis le début de l’année, et particulièrement du confinement, votre base de travail est le manuel Studyrama, pages 473 à 488 pour le chapitre 13 et pages 489 et 502 pour le chapitre 14 . J’ai rédigé ce chapitre il y a plus de deux ans. A noter que le chapitre 14 est une conclusion prospective des deux modules de 1ère année. Il est court, mais dense.
2. Veille culturelle dans un moment de repos :
-Presse écrite : coller à l’actualité en lisant la presse de manière régulière ; le choix est large (hebdomadaires = Courrier international ou quotidiens comme Le Monde (pages géopolitiques le dimanche)… il ne s’agit pas de lire toute la presse, mais de choisir un ou deux titres de manière très régulière ; notez que la démarche de « Courrier international » avec un découpage par continent est une bonne approche du programme de 2ème année (comme Carto).
-Radio : toujours à privilégier, les émissions phares et courtes de France culture = « Enjeux internationaux » ou « Grand reportage » sur RFI; pensez aux podcast (3 ans d’ « enjeux internationaux » à écouter !). Une émission plus longue (de 40 mn) sur RFI : Géopolitique le débat. A consulter sur mon 3ème blog ou via l’appli RFI pure radio (et non RFI « simple » plutôt avec du texte) ou avec l’appli Audials (qui permet d’écouter et d’enregistrer).
-TV/cinéma : point important pour se forger une culture générale qui va aiguiser votre réflexion et votre argumentation écrite. Emission phare : « Le Dessous des cartes » d’Arte.  Pensez aux soirées Thema d’Arte (1 ou 2 documentaires suivi d’un débat). Développez votre culture cinématographique (VO, films étrangers…).
-Livre : LECTURES CONSEILLES D’UN OUVRAGE D’UN GEOPOLITICIEN. Quelques idées : Hubert VEDRINE, « Le monde au défi », Dominique MOISI « le nouvel ordre international » ou Pascal BONIFACE « Comprendre le monde » ou la dernière version de son « Atlas des relations internationales » sorti en juin.
Attention ! Cette veille culturelle est importante : n’oubliez pas que les concours vont débuter en avril 2021, soit dans 10 mois. Il est inenvisageable pour vous de rien faire cet été : il ne s’agit évidemment pas de travailler intensément et arriver moralement fatigué à la rentrée, mais de poursuivre la construction de votre culture géo-historique et économique par des lectures régulières et l’écoute intelligente de médias radio et audiovisuels ; vous devez en particulier regarder les documentaires sélectionnés.
Conseil : l’appli « Audials » est parfaite pour écouter la radio et télécharger des émissions. Fonctionne aussi sur l’ordi.
L’été est aussi un moment de préparation des entretiens. Votre vécu, vos stages ou jobs d’été pour certains seront des éléments utiles. Cela passe aussi par votre capacité à être ouvert aux autres, curieux, vous intéresser aux professions des personnes qui vous entourent…
Je vais bientôt envoyer une série d’émissions des Dessous des cartes que j’ai choisi en fonction de leur utilité pour le programme et éventuellement des sujets de concours (l’eau par exemple n’est jamais tombée). Je vous demande donc de les écouter  avec attention et de prendre des notes (qui seront intégrées ensuite dans le cours).
Pour vous accompagner dans cette veille, je vais jusqu’à fin juillet, vous envoyer des infos médias comme le mail envoyé le 16 juin sur la revue We demain. Je vais aussi envoyer des podcast d’auteurs clés. Il faudra aussi les écouter…même à la plage. Ecouter des débats, réentendre Boniface… tout cela vous sera utile.
3. Redémarrage mi-août = préparation du DS de la rentrée et des premières colles :
O 1er DS dès le 5 septembre sur partie 3 du module II (Les défis du développement et les enjeux d’un monde durable) avec relecture de l’ensemble du module II (contexte éco chap 9 -10 et géopol chap 11). L’épreuve sera un croquis (ESCP Europe). Donc revoir les consignes données lors du confinement et le disque dur virtuel toujours actif.
A noter : le devoir sera précédé de 8h10 à 10h d’un cours (partie III du chapitre 13).
O PREPARATION DU PREMIER DS  ET DES PREMIERES COLLES :
1-au niveau méthodologique : se réapproprier le travail fait lors des préparations des devoirs comportant  un croquis . Reprendre les fondements méthodologiques sur le blog et le manuel (pages 529-535). Ce point est important pour certains d’entre vous dont les consignes sont encore mal appliquées. En 2ème année, le temps consacrée aux corrections sera plus réduit. Cette mise au point me semble ainsi importante. Mon choix de DS s’est porté sur le croquis en raison des besoins de progrès de la classe, en particulier sur l’aspect visuel et expressif du croquis très important pour les concours.
2- au niveau cognitif : relecture du programme de 1ère année qui sera toujours compris dans les révisions des colles et nécessaires à tous les sujets des concours. Attention, le volume de révision des colles sera plus important dans les premières semaines… Cela doit être accompagné de la lecture des ouvrages demandés, en particulier de l’atlas ainsi que la relecture des TR. Voir aussi les DD couleurs de fin d’année pour le croquis.
PLANNING PREVISIONNEL DES COLLES D’HGG EN SEPTEMBRE 2020 (attention : modification possible)
Quinzaine
Dates
Chapitres à réviser
Thème
Lien avec DS
1
7 au 19 septembre
12
Enjeux d’un monde durable
DS8 croquis chap 12
2
21 septembre au 2 octobre
13
Altermondialisme

3
5 au 17 octobre
15
Asie 
DS9 GEM module II 1ère A
4
Ap vacances Toussaint
15 -16
 Europe
DS10 CB sur Asie 

3-au niveau des croquis : il est nécessaire de vous réapproprier les lieux importants sur un planisphère : grandes puissances, villes mondiales anciennes et émergentes, principaux ports, aéroports, bourses, sièges des organisations internationales, principales organisations régionales, lieux de l’altermondialisme, principales mers, océans, flux te transport… Appuyez-vous sur les DD et CG de fin d’année en couleurs (liste sur le blog).
*      SE CONNAITRE , S’ORGANISER…LA CLE DE VOTRE REUSSITE
Les consignes données plus haut correspondent à 3 choses différentes, mais chacun êre libre du timing. S’ajoute aussi d’autres éléments qui dépendant de votre profil :
PROFIL 1 : pour ceux qui avaient le plus de difficultés cette année en HGG, je conseille de lire des ouvrages de géopolitologues généralistes comme Pascal Boniface qui publie depuis des années des ouvrages de vulgarisation qui peuvent donner un sens à tous les cours faits depuis un an : Atlas des relations internationale, 50 idées sur l’état du monde…
PROFIL 2 : pour ceux qui étaient plutôt dans une situation de réussite, vous pouvez lire des auteurs plus originaux comme Erik Orsenna et sa série sur la mondialisation (l’eau le moustique le papier…).
PROFIL 3 : d’autres ont plus simplement d’organiser leurs cours, de les ranger afin de gagner en efficacité lors des nombreuses phases de révision. Peut-être certains TR n’ont pas été fichés ou bien reliés à un chapitre…
PROFIL 4 : d’autres recherchent des exemples pour enrichir l’argumentation des copies d’HGG ; dans ce cas, prendre des notes à partir des émissions Les dessous des cartes (replay nombreux sur Arte depuis le confinement) ou bien des émissions ou lectures citées plus haut.
PROFIL 5 : d’autres veulent s’avancer dans le travail de la 2ème année ; aussi, vous pouvez travailler les 4 introductions continentales présentes dans mon Dictionnaire :
-introduction sur l’Amérique : pages 46-52
-introduction sur l’Asie : pages 56-64
-introduction sur l’Europe : pages 156-162
-introduction sur le Moyen-Orient : pages 236-240

LE MOT DE LA FIN
J’ai pris un grand plaisir à faire cours avant le confinement avec des questions nombreuses de votre côté. Lors du confinement, j’ai essayé de trouver un équilibre avec vous et la gestion des ECS2 inquiets en raison de report des écrits. Mes consignes estivales sont importantes. Je sais l’investissement donné par tous envers ma discipline ; tout ce travail fait ne sera pas à refaire et va vous permettre d’avancer l’année prochaine grâce à niveau solide.
Prenez conscience des enjeux et de la rapidité de la 2ème année et, précisément pour chacun, analysez vos points faibles pour les corriger. Pour certains, c’est l’orthographe, pour d’autres, l’irrégularité dans le travail, le manque d’organisation ou pour une dizaine la gestion du temps. Tout cela doit absolument être mis à jour. Nous sommes le 20 juin 2020, soit à moins de 10 mois des écrits qui vont débuter vers le 15 avril 2021. C’est donc demain ! Sachez que je reste disponible jusquà la fin du mois de juillet (corrigeant Ecricome et GEM). Je ferai des alertes médias de temps en temps et vous tiendrai au cours des 5 sujets tombés aux concours. 

Pour + de précis°, voir le blog. de 2ème année = Ozennegeopolitique2.blogspot.com +  blog d’émissions =   monbloghistgeo.blogspot.com.
Pour toute question ou problème : n’hésitez pas à m’écrire :
sergeboyer@netcourrier.com                                                                         
Bonnes « vacances » à tous.

vendredi 3 juillet 2020

Les 5 sujets des concours 2020

ECRICOME :
Sujet 1 : L'influence de la France en Europe : héritages et mutations contemporaines
Sujet 2 : La recherche et les nouvelles technologies introduisent-elles de nouveaux rapports de force mondiaux ?
Carte : L'espace, nouveau territoire de la puissance ?
ESSEC :
Le bassin méditerranéen, un espace de crises et de rivalités internationales depuis la fin de la Guerre froide.
ESCP :
La France dans la recomposition des puissances dominantes.
GEM :
La Chine, un colosse aux pieds d'argile ?

Pour aller plus loin. Voir onglet sur les annales depuis 1997 (un peu en-dessous, à droite).

samedi 13 juin 2020

Trump, Président du chaos. Article de l'Express à lire, à voir ou à écouter.

AMÉRIQUES
 

VIDÉO. Donald Trump, le président qui s'épanouit dans le chaos

Par Axel Gyldén,

Dans un pays déchiré par la mort de George Floyd, Trump semblait avoir perdu la main... C'est vite oublier que le président américain adore le conflit et l'affrontement.

Les Etats-Unis n'en finissent pas, comme dans un cauchemar récurrent, de revivre la même scène. Et de se heurter aux contradictions résultant de son passé : dans le "Pays de la liberté" (Land of freedom) fondé sur le génocide des Indiens et l'esclavage des Noirs, démocratie et libertés s'accompagnent de ségrégation géographique et de violences policières. La mort de George Floyd, un Afro-Américain de 46 ans interpellé et étouffé par le policier Derek Chauvin le 25 mai à Minneapolis (Minnesota), a déclenché la plus grande mobilisation sociale depuis les années 1960. 
Commencée dans le tumulte du mouvement #metoo (contre l'impunité des auteurs de violences sexistes), la présidence Donald Trump s'achève donc dans un climat de révolte face aux brutalités policières et la criminalisation des Noirs. Plus de deux semaines après les faits, et malgré l'inculpation du bad cop Chauvin, les manifestations, désormais pacifiques, se sont propagées jusque dans de petites villes et au-delà des frontières. A cinq mois de l'élection présidentielle et après quatre-vingt-dix jours de crise sanitaire (accompagnée de récession et le chômage), l'actualité politique, étourdissante depuis l'accession de Donald Trump à la Maison-Blanche, s'est encore accélérée.  
Dans l'histoire de cette présidence pleine de bruit et de fureur, la date du lundi 1er juin marquera peut-être un tournant. Après plusieurs jours de manifestations, parfois ponctuées d'émeutes et de pillages, le chef de l'Etat ordonne - sur les conseils de sa fille Ivanka - l'évacuation manu militari du Lafayette Square, juste en face de la Maison-Blanche
Avec un usage disproportionné de la force, la police débarque sur place, pourchasse des militants pacifiques, cogne sur des journalistes et, en quelques minutes, nettoie la place. L'instant d'après, Donald Trump apparaît sur les lieux et traverse le square, comme John Wayne un saloon, pour se rendre à l'église épiscopale Saint John, toute proche. Là, il brandit une bible pour le besoin d'un coup de com' censé projeter une image de force et de maîtrise de la situation, à même de rassurer son électoral chrétien.  

"Trump avait l'air d'un dictateur sud-américain des années 1970..."

"Cette séquence lui a explosé à la figure d'une manière qu'il n'avait pas anticipée, analyse le politologue Andrew J. Polsky, du Hunter College à New York. C'était un peu comme une cascade de cinéma qui aurait lamentablement échoué. Trump a simplement eu l'air idiot, il s'est attiré les critiques des militaires et a donné l'impression d'un incompétent agissant comme un dictateur sud-américain des années 1970." 
Le 45e président des Etats-Unis aurait-il perdu la main ? "Son problème, c'est qu'il ne connaît qu'un seul mode d'action politique : le double down [NDLR : qui consiste à renchérir sur le tapis vert en misant deux fois plus que son adversaire]", répond Ray La Raja, professeur de sciences politiques à l'université du Massachusetts, à Amherst. 
Or cette méthode, apprise auprès de son avocat et mentor feu Roy Cohn [NDLR : autrefois proche collaborateur du sénateur anticommuniste Joseph McCarthy], ne fonctionne pas à chaque fois. "Dans le contexte actuel, il aurait pu tendre la main et se poser en réconciliateur de la nation, poursuit La Raja. Mais il en est incapable. Pour lui, cela s'apparente à un signe de faiblesse." 

"Le Président américain ne vit que dans l'affrontement"

Décrypter le comportement agressif de Donald Trump, formé dans la jungle impitoyable de l'immobilier new-yorkais, relève de l'impossible. Pour l'historienne Nicole Bacharan, auteure du percutant Monde selon Trump (Taillandier, 2019), "Donald Trump nous fait sortir du champ politique pour entrer dans celui de la psychologie. Car il ne vit que dans le conflit, l'affrontement et la désignation d'adversaires qu'il méprise et insulte. Après avoir eu un mot d'apaisement à l'égard de George Floyd et ses proches, il a aussitôt cherché à s'attaquer aux manifestants, qualifiés d'émeutiers, de truands, de bandits, d'anarchistes, d'antifas et de terroristes. A aucun moment il ne prône l'apaisement, car il aurait le sentiment de ne plus exister. Le problème, c'est que son instabilité mentale occupe tout l'espace des réseaux sociaux et de la télévision, entraînant tout le pays avec lui." 
C'est précisément dans l'espoir de cerner l'âme de cet animal politique, extraordinaire au sens premier du terme, que le professeur de psychologie à la Northwestern University (près de Chicago) Dan P. McAdams a rédigé un ouvrage publié ces jours-ci, The Strange Case of Donald J. Trump: a Psychological Reckoning (Oxford University Press), c'est-à-dire "L'Etrange cas Donald Trump. Une évaluation psychologique". "Il est ce que j'appelle 'l'homme épisodique', explique McAdams. Ce président vit uniquement dans le moment présent. Et, contrairement à nous, il n'a pas le souci de faire de sa vie une histoire cohérente. Chaque épisode, chaque scène, chaque journée représente pour lui un combat qu'il doit remporter. Mais ces moments ne forment pas un tout, et ils n'ont aucun lien entre eux. Aussi, peu lui importe d'affirmer le mardi le contraire de ce qu'il a dit le lundi. L'essentiel est de remporter la bataille du moment, par tous les moyens, y compris le mensonge. C'est comme s'il se réveillait chaque matin pour démarrer une nouvelle vie à partir d'une page blanche. Il est comme un boxeur qui monte sur le ring pour des rounds de trois minutes sans se soucier du reste. Ni prospectif, ni rétrospectif, ni introspectif, Donald Trump est incapable de réfléchir à long terme. Purement instinctif et superficiel, il est donc imprévisible, ce qui fait tourner ses opposants en bourrique." 
Aussi n'est-il jamais aussi heureux qu'en période de crise. Car si le désordre déstabilise la plupart des gens, lui s'épanouit dans le chaos. Cet environnement instable permet en effet à cette force de la nature - il dort cinq heures par nuit - de partir au combat avec un temps d'avance, d'ouvrir de nouveaux fronts sur Twitter, de surprendre ses ennemis par des Blitzkrieg à l'aube, de les harceler, et finalement de les épuiser en créant - pour paraphraser Che Guevara - "un, deux, trois Vietnam". Tout cela avant même que le camp opposé n'ait eu le temps d'analyser la situation et d'organiser une riposte. Résultat, comme on le dit des Allemands au football, "à la fin, c'est souvent Trump qui gagne", sous les vivats de ses fidèles supporters, qui voient en leur leader un homme certes menteur, mais parfaitement authentique.  
Rien ne dit, cependant, que Donald Trump gagnera cette fois encore la bataille politico-médiatique. "Fait significatif : il a échoué à orienter le débat dans le sens où il l'entendait, observe le politologue new-yorkais Andrew J. Polsky. Avec son happening sur le Lafayette Square et ses menaces répétées de recours à l'armée contre les manifestants, Trump entendait installer l'idée qu'il est le candidat de 'la loi et l'ordre', suivant l'exemple de Richard Nixon pendant sa campagne victorieuse de 1968. C'est raté." 

Pour une majorité d'Américains, la situation est "hors de contrôle"

Selon un sondage (Wall Street Journal - NBC News), les Américains sont deux fois plus troublés par la manière dont la police a interpellé et tué Georges Floyd que par les violences de certaines manifestations. Une majorité écrasante de la population (80 %) estime en outre que la situation générale est "hors de contrôle". 
Autre contrariété pour le président : plusieurs personnalités de droite, notamment des haut gradés de l'armée, l'ont publiquement critiqué ou lâché. Ainsi du plus prestigieux d'entre eux, l'ex-général des marines James Mattis, secrétaire à la Défense au début de l'ère Trump. Selon lui, ce dernier "cherche intentionnellement à diviser la nation", "se moque de la Constitution" et, "depuis trois ans, se comporte avec immaturité." 
"Qu'un personnage aussi influent que James Mattis, qui appartient à la 'tribu républicaine', se prononce n'a rien d'anodin", estime le politologue Ray La Raja. L'ancien président George W. Bush, l'ancien général et secrétaire d'Etat Colin Powell ou encore l'ex-candidat à la primaire Mitt Romney, tous républicains, ont eux aussi annoncé officiellement qu'ils ne voteraient pas pour Donald Trump en novembre, mais pour Joe Biden. 
Rien, pour autant, ne permet d'écarter l'hypothèse de la réélection de Trump. Il reste encore cinq mois d'ici au scrutin du 3 novembre, et quantité de rebondissements peuvent encore advenir. Trois mois après le début de la crise du Covid-19 - mal gérée par Donald Trump -, le marché du travail a ainsi repris des couleurs avec l'annonce, le 5 juin, de 2,5 millions de créations d'emploi durant le mois de mai et un chômage descendu à 13,3 %, contre 14,7 % en avril. N'oublions pas, aussi, que les présidents sortants sont toujours en position de force, car leur situation leur permet de prendre des initiatives politiques, diplomatiques ou budgétaires susceptibles de façonner l'opinion.  
"Le plus étonnant est que la popularité de Trump se maintient à un niveau extrêmement stable : rarement au-dessus ou en dessous de 43 %, constate le politologue Rogers Smith, de l'université de Pennsylvanie. Mais il est clairement entré dans une zone inconfortable. Elu sur la promesse qu'il serait le mieux à même de protéger les Américains, il a échoué à le faire dans trois domaines : la santé, l'économie et le maintien de l'ordre civil." Trois rounds perdus, en somme. Mais l'inépuisable président est déjà prêt à remonter sur le ring. Le match est loin d'être terminé.