samedi 16 novembre 2019

Les femmes au Kenya (sour RFI)

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KENYA  FEMMES

Population et développement: les femmes africaines au pouvoir à Nairobi

Mama Sampy, 17 ans, vice-présidente du Parlement des enfants du Mali (au centre) lors de la Conférence internationale sur la population et le développement à Nairobi.
© RFI/Sabine Cessou

En 1994, la Conférence internationale sur la population et le développement (CIPD) du Caire avait changé l’approche globale du contrôle des naissances, pour placer la femme au coeur du développement. Sa seconde édition, 25 ans plus tard à Nairobi, a vu les Africaines occuper le devant de la scène.

Le temps d’une génération s’est écoulé depuis la CIPD du Caire, en 1994, dont le plan d’action avait été renforcé un an plus tard par la Déclaration de la conférence de Beijing sur les femmes. Le changement qui s’est produit sur un quart de siècle saute aux yeux, au Centre international de conférence Kenyatta. Des Africaines de tous âges et horizons ont été omniprésentes à la CIDP25 de Nairobi, qui a rassemblé du 12 au 14 novembre quelque 9 500 personnes venant de 170 pays. Une conférence internationale de portée globale, donc, mais qui traite de sujets qui concerne l’Afrique au premier chef.
« À quoi ressemble une fille de 10 ans enceinte ? », a ainsi lancé Faith Mwangi-Powell, directrice kényane de l’ONG internationale Girls not brides, lors d’un panel consacré aux mariages d’enfants. « Est-ce ce que nous voulons voir ? Qu’elles aient 10, 12 ou 15 ans, c’est une condamnation à mort ! » Dans une autre session sur le chemin accompli depuis 1994, Faith Opiyo, 27 ans, à la tête de la Kenya Girls Guide Association, a été vivement applaudie lorsqu’elle a affirmé que « La culture chez nous veut que l’homme porte le préservatif et soit en charge du plaisir, et la femme de la reproduction. Les femmes doivent savoir dire non, et prendre la responsabilité du plaisir. ».
Faire changer les textes et les comportements
En phase, les aînées occupant des postes de responsabilité ont tenu le même type de propos. « Les jeunes filles rejettent le terme de planning familial ; elles ne veulent pas planifier une famille, mais simplement ne pas tomber enceintes ! », a ainsi expliqué Natalia Kanem, afrodescendante du Panama, directrice exécutive du Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA), organisateur de la conférence avec les gouvernements du Kenya et du Danemark.
Il a aussi été question de « bonnes pratiques » qui demandent à être généralisées, telles que les « écoles de maris » qui visent à changer les comportements. Lancés par le programme Autonomisation des femmes au Sahel et dividende démographique  (SWEDD), financé depuis 2013 par la Banque mondiale et pilotée par l’UNFPA, ces clubs où écoles voient des mentors masculins former les hommes, qui prennent les décisions concernant la santé des épouses, sur la santé sexuelle et reproductive. « Avant le lancement du projet, 9 femmes sur 10 disaient ne pas pouvoir utiliser la contraception moderne sans l’accord de leur mari, relève la ministre burkinabè de la Santé, Léonie Claudine Lougué Sorgho. Cette tendance s’est inversée, ce qui démontre que le changement est possible ».
Le chemin parcouru depuis 1994
La CIPD25 a été l’occasion de faire le bilan sur les progrès faits depuis 1994. La mortalité maternelle a baissé de 44 % au niveau mondial selon l’UNFPA. Dans les 30 pays où les mutilations génitales féminines sont les plus répandues, près de la moitié des filles les avaient subies en 1994, contre moins d’un tiers aujourd’hui. En 1994, un tiers des jeunes femmes dans le monde étaient mariées avant l’âge de 18 ans, contre moins d’un quart aujourd’hui.
Au Kenya, la mortalité maternelle a baissé de moitié en 25 ans, passant de 698 à 362 décès pour 100 000 naissances, tandis que le taux de fécondité est passé de 6,1 à 3,9 enfants par femme (contre une moyenne africaine de 4,4 enfants). « Malgré ces progrès, a déclaré Sicily Kariuki, secrétaire d’État du Kenya à la Santé, des femmes meurent encore en couches. Les grossesses précoces et pratiques néfastes continuent. La question se pose désormais en termes de qualité des soins. Au Kenya, 20 000 vies sont perdues chaque année pour cette raison. »
Le même constat prévaut à travers le continent, même si la planification familiale est « devenue la norme partout, y compris dans la formation des infirmiers et médecins », note Marleen Temmerman, obstétricienne belge et chef d’un Centre d’excellence pour la santé de la femme et de l’enfant à l’Université Aga Khan de Nairobi. Les mentalités ne changent pas assez vite, cependant, pour capturer le « dividende démographique », comme le Japon l’a par exemple fait en 1961, l’épargne retraite ayant permis de financer les infrastructures et l’essor économique.
Ce qu’il reste à faire
« On sent une présence plus militante des femmes, relève Mabingué Ngom, directeur du bureau régional de l’UNFPA en Afrique de l’Ouest et centrale. La question du dividende démographique s’est trouvée au cœur des déclarations faites par les gouvernements africains. Nous avons convenu avec les ODD que nous n’allons pas partir en ordre dispersé : les enjeux sont liés. On ne peut séparer l’éducation de la santé de l’emploi ou l’autonomisation des femmes ».
S’il a été question du vieillissement de la population au Japon et du taux de fécondité négatif de la Bulgarie, la conférence n’a pas abordé frontalement les questions de migration. Elle est restée focalisée sur les trois « zéros » de l’agenda de l’UNFPA – zéro besoin non satisfait en contraception, zéro décès maternel possible à prévenir, zéro violence basée sur le genre.
L’UNFPA a estimé, avec l’aide de plusieurs universités américaines, à 264 milliards de dollars les besoins financiers pour parvenir à ces objectifs – soit un peu plus que le PIB annuel de l’Égypte. La conférence s’est clôturée le 14 novembre sur 1200 engagements concrets et une promesse de 1 milliard de dollars venant de gouvernements européens, en plus du Canada et de la Commission européenne. De son côté, le secteur privé a annoncé 8 milliards de contributions à l’horizon 2030 des Objectifs du développement durable (ODD).
« Il n’y aura pas de CIPD50 », a conclu l’envoyé spécial du Danemark, optimiste, alors que Mama Sampy, 17 ans, vice-présidente du Parlement des enfants du Mali, a souligné le côté paradoxal de la situation. « Une camarade a quitté l’école deux mois avant l’examen du brevet pour être mariée. Une autre a déjà deux enfants. Ce sont les questions qui nous intéressent, nous les filles du Mali. Dans ces conditions, comment parler de financer des programmes ? Il faut d’abord tenir les promesses ! Les textes au Mali permettent le mariage des filles à partir de 15 ans, en contradiction avec les conventions internationales ». Mama Sampy appartient à une génération qui veut non seulement voir sa voix porter, mais aussi être suivie d’effets.
Chronologie et chiffres clés

lundi 4 novembre 2019

Corrigé du DS2


ECS2-HGG-Corrigé DS2         Sujet :   L’émergence chinoise, un défi majeur pour l’Inde ?

ESPRIT du sujet :- comparatif Inde-Chine mais attention sujet centré sur l’Inde
                -fond de carte centré sur l’Asie et l’Océan Indien, espace majeur des rivalités et des échanges sino-indiennes
PIEGES du sujet :              1- ne pas voir que le sujet est centré sur l’Inde
                                               2-ne pas voir la globalité du sujet avec le terme « émergence » et limiter le sujet aux éléments géopolitiques    3-limiter le terme défi à celui de pb, or la Chine peut aussi investir, échanger avec l’Inde, donc être un atout     4- négliger l’adjectif « majeur » et le point d’interrogation car auj les défis importants restent internes pour l’Inde    5-négliger l’aspect prospectif du sujet : défi actuel, mais aussi passé et futur (prospective)
MOTS CLES du sujet :     -émergence, concept à maîtriser (TR Sylvia DELANNOY)
                                               -défi démographique : atout indien car la FOD de la Chine est terminée contrairement à l’Inde                                 -défi sociétal : retard indien en terme de niveau de vie
                                               -défi économique : concurrence des pts ind chinois
                                               -défi technologique : retard indien (ration RetD/PIB très défavorable)
                                               -défi financier : retard indien par rapport aux capacités fin chinoises (tropisme chinois)
                                               -défi géopolitique : différends anciens non résolus + sentiment d’encerclement indien face aux dynamiques géopol chinoises (OBOR) mais atouts indiens régionaux et mondiaux (alliés)
                                               -défi politique : + forte adéquation entre l’Inde et la gouvernance mondiale (valeurs, modèle pol) ms absence de situation clé (pas membre permanent CS NU)
                                               -défi clé pour le futur : 2 puissances majeures entre concurrence et coopération ; guerre ?
Quel PLAN choisir ?         -solution 1 : thématique pour envisager les différents défis et voir chaque fois les atouts, handicaps et solutions pour l’Inde + scénarios. Risque = oublier que les défis majeurs sont internes pour l’Inde
                                               -solution 2 : plan géographique par auréoles = défi national, défi continental et défi mondial.
Risque : des répétitions probables et trop de géopolitique. Donc possible mais délicat. Solution : modifier l’ordre des échelles en finissant sur le défi continental…donc I défi continental  II défi mondial et clé 21è s III ms défi d’abord défi national                               -solution 3 : thèse (menace)-antithèse (atout)-synthèse (défi mineur) (choix préférable car
pas de pb lié au risque vu + haut ; par contre, risque de « caricatures », vision trop simple du sujet)
Bilan sur les plans : aucun n’est parfait, par contre le pire des plans est I/ montée chinoise II/ pbs indiens III/… car ici le sujet est relationnel !

PROBLEMATIQUE ?         -ds un sujet comparatif interrogatif, la probl n’est pas complexe à élaborer : la Chine, un pb ou une chance pour l’Inde ou bien le principal pb n’est-il pas interne à l’Inde ?
INTRODUCTION REDIGEE : L’émergence chinoise, un défi majeur pour l’Inde ?
                Apparu en 1981 sous la plume d’Antoine Van Agtmaël, dans un rapport de la Société Financière Internationale (organisme de la Banque Mondiale) et renvoyant à des marchés propices aux investissements. L’émergence va ensuite intégrer le vocabulaire courant de l’économie et des relations internationales. Il caractérise avant tout un pays à croissance rapide, offrant un cadre propice aux investisseurs étrangers. Un pays en situation de décollage économique, mesurée selon plusieurs critères : part croissante dans le commerce mondial, forte réception d’investissements directs étrangers (IDE), essor industriel, mais aussi montée en gamme et  la progression des activités tertiaires. Lorsque Atmael Van conceptualise le terme « émergent » la Chine encore dirigée par Deng Xiaoping entame les réformes favorables à une croissance bientôt supérieur à 10%/an environ ; 10 ans plus tard, au même moment de l’effondrement de l’U.R.S.S., partenaire et alliée de l’Inde, le pays surendetté, est l’objet d’un prêt du FMI. Ce décalage temporel implique aujourd’hui une asymétrie forte entre l’Inde et la Chine. Alors que leurs populations sont presque identiques, le niveau de vie d’un Chinois et trois fois plus élevé que celui d’un Indien. De plus, il y a plus d’un an, l’incident du plateau de Doklam a provoqué une crise diplomatique grave. Il est vrai que, depuis plusieurs années, l’expansionnisme chinoise s’accélère au détriment des autres puissances régionales, surtout le Japon et l’Inde. Plus qu’émergente, la Chine a émergée. Ainsi, les signes qui montrent que, pour l’Inde, la Chine, devenue la première puissance en PIB à parité de pouvoir d’achat, est clairement un défi, un problème essentiel à surmonter. Mais n’est-ce que cela ? La « sino-mondialisation » (Sophie Boisseau du Rocher) peut certainement devenir un atout pour l’Inde elle aussi en pleine émergence. Pour autant, ce défi n’est-il pas exagéré ? En 2015, lors de la campagne électorale, une des promesses du candidat Narendra Modi était de développer l’équipement en toilettes de sa population. Comment imaginer qu’un pays largement sous-développé considère la Chine comme un défi alors que la question de son développement se pose pour une majorité de la population.
                La Chine, puissance émergée, est-elle une menace, une chance ou un défi mineur pour l’Inde ? Il s’agit en effet de montrer que la Chine semble une menace importante pour l’Inde au point de freiner sa propre émergence (I) ? mais la Chine peut également apporter beaucoup à l’Inde tant au niveau économique qu’en terme de modèle (II). Finalement, le défi chinois est peut-être moins important par rapport aux défis internes qui semblent colossaux (III).
PLAN  GENERAL                I/ LA CHINE, UNE MENACE ANCIENNE ET FORTE POUR L’INDE….
II/ … MAIS LA CHINE PEUT AUSSI ETRE UN ATOUT ET UN MODELE POUR L’INDE…
III/ … FINALEMENT, LES DEFIS INTERNES SONT LA PRIORITE DE L’INDE ACTUELLE, MEME SI L’AVENIR PEUT DIFFERER

CROQUIS
Cette légende a comme logique de bien montrer les 3 axes de la dissertation (Chine = menace (I), = atout (II) et défi mineur par rapport aux pbs internes (III). Chacun de ces 3 axes est lié à des couleurs : NOIR = menace
VERT = atout
ORANGE = pbs internes
Les figurés appartiennent bien aux 3 types attendus : figurés spatiaux (ici choix de l'IDH pour illustrer le retard indien sur la Chine) ; figurés linéaires (échanges et IDE) et figurés ponctuels avec les métropoles, les lieux de tensions terrestres et maritimes.
Le croquis réalisé ci-dessous montre bien 3 idées :
ENCERCLEMENT DE L'INDE (dominante noire)
L'INTEGRATION DE L'INDE A LA MONDIALISATION CHINOISE (dominante verte)
L'IMPORTANCE DES PBS INTERNES (oranges)
A noter : choix de limiter le fond de carte à l'Asie via l'IDH alors que Afr et MO sont rapidement représentés par un trait illustrant la concurrence entre Chine et Inde. Ce choix permet de finir le croquis dans les temps.

mardi 15 octobre 2019

CONSIGNES DS3 = CB

Le CB n°1 va porter sur les acteurs de la mondialisation. Le sujet sera de type ESCP Europe, donc dissertation + croquis (à l'échelle mondiale). Votre révision est centrée sur le chapitre 9 de 1ère année. Vous devez approfondir votre compréhension et vos connaissances avec :
-blog de 1ère année : CG 23 firmes CG 24 Etats CG25 organisations internationales ONG CG26 hommes ; le iTR39, gagnants et perdants de la mondialisation est aussi utile.
-blog de 2ème année : onglets "DEMOCRATIE" "POPULISME".
il faut y ajouter des TR : 103 Bouissou "et si l'avenir de la démocratie se jouait en Asie"
                                         105 "souriez vous êtes notés
                                          116 la démocratie en Afrique
plus : la démocratie en Amérique latine (TR non numéroté)

dimanche 15 septembre 2019

Peuplacratie, un concept pertinent

Voici la conclusion d'un ouvrage d'un auteur italien, Ilvo Diamnati (prof Sc Po à Urbino) et du sociologue français Marc Lazar.


















vendredi 13 septembre 2019

Guerre commerciale (source : La Tribune.fr, le 13 sept 2019)

Guerre commerciale, urgence climatique : le CEPII sonne l'alarme

  |   |  1225  mots
(Crédits : Crédits : Bernhard Fuchs/Wikimédia Commons/CC)
Affrontement commercial entre les Etats-Unis et la Chine, Brexit, vulnérabilités financières, ralentissement plus fort que prévu de la croissance, dérèglement climatique...Les économistes du CEPII brossent le portrait d'une économie mondiale sous pression dans leur dernier ouvrage paru cette semaine.
Ralentissement du commerce mondial, menaces du réchauffement climatique, coup de frein de l'activité dans les grandes économies... Dans leur dernier ouvrage intitulé "L'économie mondiale en 2020,  publié ce mercredi 11 septembre, les économistes du centre d'étude prospectives et d'informations internationales (CEPII) dressent un tableau sombre de la planète économique et financière. Dix ans après le séisme de 2008, les fragilités financières persistent et peuvent s'aggraver dans certains cas. La multiplication de bulles à la fin de l'année 2018 ont provoqué des inquiétudes outre-Atlantique. Les leçons de la plus grande récession depuis 1929 n'ont pas permis aux grandes puissances d'établir un modèle économique soutenable malgré les dérèglements climatiques et financiers toujours plus visibles.
"Le bilan de santé n'est pas très encourageant. L'économie mondiale manque de tonus. Les principaux moteurs de l'économie mondiale sont en panne. Aujourd'hui, les mauvaises nouvelles s'accumulent. Aux Etats-Unis, on note une dégradation des anticipations pour un futur proche. En zone euro, il y a également une dégradation des indicateurs. Le Brexit est source de tensions pour les perspectives en Europe. Entre la Chine et les Etats-Unis, les tensions perdurent. L'incertitude est là pour durer au delà de l'administration Trump", a déclaré, le directeur du CEPII, Sébastien Jean lors d'une présentation des perspectives pour 2020.
Et dans son introduction, il cite l'intellectuel italien Antonio Gramsci qui décrivait la situation de l'entre deux-guerres. "Le vieux monde se meurt, le nouveau monde tarde à apparaître [...] dans ce clair-obscur surgissent les monstres".

La crise du commerce international

Le document des chercheurs met l'accent sur la crise du commerce international. "En une décennie, les recommandations d'ouverture convenues ont fait place à la revendication du protectionnisme comme argument électoral [...] Ce renversement saisissant illustre l'ampleur du chamboulement du contexte institutionnel et politique du commerce international", notent les auteurs. "Depuis la crise de 2007-2009, le commerce a sérieusement changé de rythme par rapport aux années 90. Il suit le rythme de l'activité mondiale. Le commerce mondial en volume est au même niveau que début 2018", a poursuivi l'économiste.
La politique commerciale de Donald Trump a rebattu les cartes du commerce mondial en tournant le dos au multilatéralisme. Sa remise en question des instances de régulation des échanges comme l'organisation mondiale du commerce (OMC) et son usage incontrôlé des réseaux sociaux ont fait trembler les adeptes de la coopération et de la diplomatie traditionnelle. "Ce n'est pas juste les droits de douanes de Trump. C'est plus ancien", tient à préciser le responsable du centre de recherches. "La situation actuelle reflète un changement profond des relations économiques internationales qui ne sont pas suivies d'un changement institutionnel des relations internationales. Les institutions sont périmées. Nous n'arrivons pas à définir ce nouveau cadre. C'est un contexte propice aux crises de tout ordre", ajoute-t-il.

L'urgence climatique : les coûts de la non-action

Outre les relations commerciales, l'urgence climatique a occupé une bonne partie des débats dans le contexte d'une montée en puissance des contestations et de mobilisation dans l'opinion publique. Dominique Bureau, délégué général du conseil économique pour le développement durable, est venu exposé les conséquences économiques et sociales d'une absence d'action des Etats en matière de lutte contre le réchauffement climatique. "Aujourd'hui, il y a un consensus chez les économistes américains et européens pour expliquer que le changement climatique est un problème grave qui appelle une action immédiate et ambitieuse [...] Si l'on ne fait rien, il faut s'attendre à une élévation du niveau des mers avec des conséquences économiques sur toutes les zones côtières, des menaces sur les gains de productivité avec la multiplication des vagues de chaleur". Pour le spécialiste des questions climatiques, "le risque climatique est un problème de dépendance du passé avec les énergies fossiles. En dépit d'avancées positives, l'accord de Paris est décevant. Le dilemme entre le développement économique et l'enjeu climatique perdure". Face à l'augmentation des émissions de CO2, l'expert prône la mise en place d'une taxe carbone et un marché de quotas d'émissions.
"Plusieurs économistes s'accordent pour une taxe sur le carbone. Beaucoup d'entreprises ne prennent pas en compte le coût de la non action dans leur modèle économique. Il y a un fort consensus sur la nécessité d'un prix du carbone. Les travaux de l'OCDE montrent souvent que les tarifs sont insuffisants et beaucoup d'émissions ne sont pas prises en compte. Il faut davantage prendre en compte les effets redistributifs dans la mise en place de cette fiscalité".
De son côté, la cheffe du bureau climat, au ministère de l'Europe et des affaires étrangères, Alice Plane a indiqué que "la France a conscience que les Etats ne font pas assez d'efforts. Les transports aériens et maritimes ne sont pas pris en compte dans l'accord de Paris [...] On peut décorréler la croissance économique des émissions".

Normalisation de la politique monétaire : l'impossible retour

Alors que le président de la Banque centrale européenne (BCE) Mario Draghi a annoncé la relance ce jeudi 12 septembre du programme de rachats d'obligations à raison de 20 milliards d'euros par mois et d'un nouvel assouplissement, de plus en plus d'économistes et banquiers centraux s'interrogent sur le rôle de la politique monétaire. Isabelle Job, directrice des études économiques au groupe Crédit agricole, a expliqué que les "banques centrales ont développé une aversion aux cycles. L'économie européenne ralentit en raison de la guerre commerciale, des incertitudes... que peut-elle faire ? La question de l'efficacité des politiques monétaires doit être posée, il y a encore des mesures d'assouplissement mais cela n'a pas d'effet vraiment efficace sur l'économie. Est ce que les banques centrales ont encore un pouvoir sur l'inflation ? Cela fait 10 ans que l'Europe n'arrive pas à parvenir à l'objectif de 2%".
La spécialiste s'interroge : "est-ce qu'il ne faut pas rééquilibrer le mandat des banques centrales pour assurer plus de stabilité financière ? Les politiques monétaires accommodantes sont du pain béni pour les marchés. Cela pousse aux risques. Les marchés restent suspendues aux décisions des banques centrales. La dépendance des marchés à cette perfusion monétaire? Comment les banques centrales peuvent-elles dompter la finance ?".
De son côté, l'universitaire, Jézabel Couppey Soubeyran ajoute que "les effets sur l'économie réelle sont incertains et inégalement distribués [...] Il existe des effets potentiellement dangereux au niveau financier. Les taux bas sont facteurs d'instabilité financière en l'absence de mesures d'accompagnement macroprudentielles. On continue d'en attendre trop alors que ces effets sont assez mal transmis et assez mal répartis".
Sur le plan financier, certains indicateurs sont dans le rouge avec des vulnérabilités prononcées. L'économiste spécialiste des questions monétaires, Michel Aglietta, a notamment évoqué "l'endettement élevé des entreprises avec un type de dette extrêmement dangereux aux Etats-Unis comme les Leverage loans |...] La question fondamentale est de restructurer le modèle financier pour réorienter l'épargne vers le financement à long terme." Pour 2020, les perspectives ne s'annoncent guère réjouissantes.

mercredi 11 septembre 2019

Police à Hong-Kong (source : RFI) Thèmes : démocratie, Chine.

ASIE-PACIFIQUE

À Hong Kong, les forces de l’ordre «violent toutes les lois», dit un ex-policier

mediaDes policiers prêts à intervenir face aux militants pro-démocratie à Hong Kong le 8 septembre 2019.RFI/Stéphane Lagarde
Malgré le retrait du projet de loi d’extradition mercredi 4 septembre, les manifestants continuent de réclamer une commission d’enquête indépendante sur les abus policiers à Hong Kong. Alors que le gouvernement assure que la police peut le faire en interne, un ancien policier affirme que c’est plutôt l’impunité qui règne dans les rangs de la police hongkongaise.
Avec notre correspondante à Hong Kong,Florence de Changy
Cet ancien policier de 34 ans a rejoint la police de Hong Kong en 2014 avec les images de sa jeunesse d’une police héroïque et dévouée. Mais la mentalité qu’il a découverte parmi ses coreligionnaires était toute autre : « Ce que j’ai vu c’est une haine intense. Ce n’est pas qu’ils sont spécialement pour le gouvernement chinois, mais la plupart des policiers voient les manifestants comme des émeutiers, qui troublent l’ordre social, ils les prennent pour des losers. »
« Ils violent toutes les lois de Hong Kong »
Quand il regarde les images des confrontations actuelles entre policiers et manifestants, il constate que les consignes apprises pendant sa formation semblent toutes bafouées. « Ils ne maîtrisent ni leurs armes ni leurs émotions. Ils violent toutes les lois de Hong Kong et toutes les règles de la police. Et ils sont convaincus qu’ils ne seront pas poursuivis. »
Or c’est bien ce que les manifestants réclament à présent : que ces abus soient examinés et le cas échéant punis.